SOIRÉE MUSIQUE ET IMAGE (2) CINÉ-CONCERT vendredi 19 juin 20h

Les Phonogénistes – Ciné-Concert

Le groupe improvise pendant la projection d’un film muet, L’Homme à la caméra, du futuriste russe Dziga Vertov (1929) qui évoque la vie quotidienne d’une grande cité soviétique, Odessa.

Parmi les nombreux films avant-gardistes réalisés en Union Soviétique dans les années 1920, L’Homme à la Caméra (1929) constitue un véritable aboutissement formel. Opposé au cinéma de fiction réaliste, son auteur Dziga Vertov veut lui substituer l’art de « la vie même », enregistrée de façon brute, sans mise en scène délibérée risquant de la travestir. Le spectateur est prévenu d’emblée : il ne verra ni acteurs, ni scénario, ni décors, ni intertitres explicatifs. Mais quoi, alors ? Une sorte de « cinéportrait », de l’aube au crépuscule, d’une grande ville soviétique (en fait Moscou et Kiev), rythmé par une musique et des bruitages ajoutés ultérieurement. Dans cette ville recomposée, l’homme du titre promène son « œil-caméra » au bout d’un trépied afin de saisir la vérité sur le vif. Ni documentaire, ni fiction, l’étrange objet créé par Dziga Vertov a inspiré des générations de cinéastes, en raison de sa modernité et de son audace. Manifeste théorique et pratique pour un cinéma différent, il a l’incroyable ambition d’opérer une fusion entre la réalité filmée, le cinéma et le spectateur. Pour y parvenir, Vertov utilise le montage, procédé déjà manié avec virtuosité par Eisenstein, mais de manière sans doute moins radicale. Dans L’Homme à la Caméra, le montage est omnipotent, il devient le héros du film, voire le film lui-même… Associé à divers truquages et effets comme les surimpressions, les dédoublements, les ralentis ou les accélérés, le montage des plans crée toutes les associations symboliques et toutes les bribes d’histoires qui font avancer le film sans scénario ni acteurs.

Musique instrumentale et électroacoustique improvisée

Laurence Bouckaert : karlax
Jean-Marc Chouvel : orgue
Pierre Couprie : flûte augmentée
Francis Larvor : ordinateur

Les Phonogénistes* à la frontière du moment, inventent des particules de matière sonore qui deviennent aussitôt les éléments de construction d’improvisations électroacoustiques. La description des instruments utilisés tient d’un inventaire aussi sérieux que farfelu, le didgeridoo côtoyant l’échantillonneur, la plaque de tôle ou le couteau à pain dialoguant avec l’ordinateur. C’est que l’écoute est toujours affaire d’attention et de curiosité, l’infime et le bref recèlent des surprises et des mystères qu’il s’agit de capter, d’orchestrer et de transmettre. De leurs itinéraires personnels et professionnels s’affirment des attirances vers les genres musicaux contemporains originaux et des associations avec les artistes des médias actuels, cinéma, théâtre, arts plastiques ou littéraires ; éclectiques et passionnés, pour le moins  !

* d’après le Phonogène, magnétophone à variation de vitesse, invention de Pierre Schaeffer et Jean Poullin en 1951

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