Artiste en résidence au Conservatoire Berlioz
Sylvain Lemêtre

L’itinéraire du percussionniste éclectique Sylvain Lemêtre se dessine autour de son ouverture et de son insatiable curiosité envers les explorations et les rencontres musicales. Son domaine de prédilection se situe aux confins de la création contemporaine, des musiques improvisées et des musiques traditionnelles. Il lui tient à cœur de mener de front ces différents domaines artistiques qui le nourrissent depuis toujours et qui constitue sa personnalité affranchie de toute territorialité musicale.

Aujourd’hui, il s’investit dans des formations aux esthétiques variées :

« L’Ensemble Cairn » dirigé par Jérôme Combier, « La soustraction des fleurs » de Jean-François Vrod, « Sonore Boréale » solo autour des textes d’Olivier Mellano, « Adieu mes très belles » de Matthieu Donarier, « Saltarello » de Garth Knox, « Totem di Sabbia » avec Rapahël Thierry, sable et son.

Il a joué dans « Surnatural Orchestra », « Léger Sourire » duo de théâtre musical, « Spring Roll » et « Printemps » de Sylvaine Hélary, « Magnetic Ensemble » d’Antonin Leymarie, « Real Thing #3 » et « Tower-Bridge » de Marc Ducret, « Le Sacre du Tympan » de Fred Pallem.

Plus récemment il se met à écrire de la musique et honore quelques commandes, notamment la commande d’état : « Borg et Théa » pour le quatuor Béla, la soustraction des fleurs et la maîtrise de l’Opéra de Lyon, « La tête à l’envers » puis « Entre chou et loup » pour Noémi Boutin et S.Hélary, ou encore « L’énergie du plafond » pour Surnatural Orchestra, Albert Marcoeur et le quatuor Béla.

Tout au long de son parcours, lors de créations de spectacles vivants et concerts, il collabore avec les artistes suivants qui tous marquent leur temps :

T.Bonvalet, R.Thierry, K.Davis, E.Caron, J.Pontier, D.Chouillet, C.Palotaï, P.Minton, Nosfell, Matthieu A, JP.Drouet, F.Sarhan, T.Blondeau, G.Pesson, R.Cendo, F.Marillier, N.Frize, A.Messager, B.Coupey, C.Pavet, F.Cotinaud, P.Cueco, V.Bouchot. MH. Fournier, G.Siracusa, Y.Maresz, L.Naon, L.Fagin, A.Serre-Milan, F.Pallem, A.Grimal, Jean-François Laporte.

Pour ce qui est de sa formation, Il aime se qualifier d’autodidacte du conservatoire, avec le plus grand respect pour ses maîtres, et ne cesse d’affûter ses oreilles au contact d’autres artistes.

Il s’est formé jeune au conservatoire en remportant un 1er prix de percussion et de musique de chambre auprès de G.Sylvestre et F.Bedel à Rueil-Malmaison et un 1er prix de percussion traditionnelle auprès de C.Nicolas à Argenteuil. En parallèle, il a toujours travaillé le zarb avec F.Bedel et pratiqué le piano avec C.Stephan au Cenart. Lors de ses études il a croisé les chemins de : Franck Tortiller (vibraphoniste), Ayrald Petit (joueur de pandeiro), Made Trip (maître de gamelan), Bruno Caillat (tablaiste-zarbiste), Aruna Dembele (djembe fola) ; et à l’académie du Festival d’Aix-En-Provence, Pierre Boulez, Les Percussions de Strasbourg, le trio Chémirani (zarbs) et Adama Drame (griot djembe fola). Plus récemment, par curiosité, il apprend le langage du soundpainting avec Christophe Mangoo dans l’Ensemble Amalgame et Vincent Le Quang au sein de l’Ensemble Cairn.

Durant l’année scolaire 2018-2019, Sylvain Lemêtre mènera un travail de création avec les élèves percussionnistes du conservatoire (classe d’Isabelle Cornelis) autour de la question du corps et de l’espace scénique, interrogeant ainsi la dimension théâtrale du concert et du jeu.


Note d’intention
pour la résidence au Conservatoire Hector Berlioz

Le comble de la note d’intention, c’est de travailler à cet instant même sur une note d’intention décrivant mon intention qui concerne mes notes d’intention, au sens de la mention ou de la didascalie, figurant sur la partition au même statut que les notes de musique. Voilà une entrée en matière qui me plaît et qui parle déjà un peu de mon travail.

Depuis de nombreuses années maintenant le matériel pédagogique évolue au sein des conservatoires par le biais des compositeurs. Par conséquent, on constate de plus en plus, tout niveaux confondus, la présence de pièces pédagogiques égalant l’intérêt et l’exigence des pièces de concert. Il n’y a plus beaucoup de doute là-dessus, et on peut s’en réjouir. Je désire m’inscrire dans cette lignée en y ajoutant à ma façon, une dimension théâtrale personnelle tirée du rapport du percussionniste à son instrument et à lui-même. Les pièces qui seront écrites et créées lors de cette résidence auront toutes la particularité de faire apparaître l’existence de la relation de l’élève à son instrument, à sa présence corporelle, au public et à ses camarades chambristes. Nous interrogerons cette relation comme une présence théâtrale en sensibilisant l’élève à la conscience de son corps et de son regard, tout en se détachant de la partition. Par moment, il sera aussi amené à dire du texte ou des onomatopées rythmiques. La notation ne concernera pas seulement les notes de musique mais également le geste et la parole. Position des corps, orientation des regards, rapport au public.

Lorsqu’il s’agira d’aborder l’interprétation, nous questionnerons le sens et le contexte des pièces le cas échéant, en considérant l’espace de jeu comme un espace scénique. Le concert aujourd’hui n’est plus seulement un concert mais un spectacle. Le public n’est pas seulement là pour entendre mais pour assister, regarder. Alors si on décide d’en tenir compte, comment fait-on ?

En répondant présent à l’appel de cette résidence, j’ai tout de suite entrevu la possibilité de continuer à expérimenter, inventer avec les élèves et leur professeur Isabelle Cornelis, un répertoire de pièces inédites, écrites pour eux, en solo, duo, trio, quatuor et tutti de 15 musiciens prenant en compte les différents niveaux.

Par ailleurs, nous aborderons des pièces de protocoles reposant sur l’autonomie et l’improvisation, dont l’écriture se fera par l’oralité. L’élève sera au cœur de la création et profitera d’un espace de liberté et de créativité.

Les parcours atypiques provoquent souvent des postures à mi-chemin des conventions et des esthétiques. C’est bien là où je me situe, j’aime être et jouer à être « entre » les choses. C’est ce que je transmettrai aux élèves.

Sylvain Lemêtre – Novembre 2018